Vous avez dit Rhyzomatique ?

La révolution informatique et son infosphère électronique peut induire de nouvelles méthodes d’acquisition du savoir, de nouvelles méthodes de travail et de nouvelles approches de l’acquisition de connaissances. L’enjeu consiste donc à mettre en évidence des modes de pensée différents notamment vis-à-vis d’une approche rationaliste linéaire, réductrice et fondamentalement dualiste. La notion de Cloud est alors considérée comme un changement de paradigme et non comme un simple changement de modèle économique ou de technologie.

La paternité du concept de « paradigme » revient au philosophe et historien des sciences Thomas Kuhn qui l’a développé en 1962 dans un ouvrage intitulé La structure des révolutions scientifiques[1]. Il y fait l’hypothèse que chaque époque de l’histoire produit, par ses pratiques sociales, son langage et son expérience du monde, une structure imaginaire, qu’il appelle «paradigme». Ce dernier s’impose, durant la période considérée, à tous les domaines dela pensée. Un paradigme est donc une certaine vision du monde qui sert de cadre de référence, de moteur fédérateur à toutes les pensées « normales » de l’époque.

Lorsque des mutations, induites par l’expérience, change la vision du monde, il y a changement de « paradigme ». La « pensée rhizomatique ou connexionniste » (en réseau), par définition distribuée et nomade, sort de la normativité de la pensée cartésienne, rationnelle et unidimensionnelle et se projette dans un espace multilinéaire et multidirectionnelle. Une définition sophistiquée du Cloud est donnée par Raphael Josset : « une architecture fractale, invisible, hétérogène, fluide, interactive, malléable, pliable, intégrant la rupture et la discontinuité et permettant une multiplicité de parcours et de combinaisons dans un médium hybride et digital mêlant le texte, l’image et le son »[2].

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[1] Thomas Samuel Kuhn, « La structure des révolutions scientifiques », édition originale, 1962

[2] Raphael Josset, « La pensée en réseau : nouveaux principes cognitifs pour un devenir post humain », Société, n°91, 141 pages