Nomadisme et mobilité 2.0

Le techno-nomadisme sous-entend la possibilité pour toute personne mobile ou non de pouvoir utiliser son univers d’activité personnel quel que soit l’endroit où elle se situe. L’exemple du bureau est parfait et représente, par essence, un lieu physique, un espace agencé, géographiquement localisé. A partir du moment où nous obtenons une connexion internet, le terme bureau prend une toute autre valeur. En effet, ce n’est plus un lieu physique mais un objet ! Par prolongement, nous pourrions dire que notre bureau est Internet ! Donc le simple fait de se connecter à Internet permettrait de rejoindre notre bureau quel que soit l’endroit où nous nous trouvons et le bureau est alors dématérialisé et atemporel.

Une projection du futur proche, partagée par de plus en plus de spécialistes, fait plusieurs constats :

  • Nous aurons des ordinateurs concentrant le strict minimum d’intelligence et de puissance de calcul pour les rendre à la fois plus autonomes (possibilité de travailler déconnectés), moins lourds et gourmands en ressources et beaucoup plus « interopérables » avec une connectivité très développés. C’est le retour des mainframes mais bénéficiant de « terminaux » intelligents et à très forte connectivité. Nous sommes passés d’une période où nous avons voulu nous débarrasser de l’existence des postes clients pour arriver à une solution d’informatique centralisée faisant une place importante à l’acteur « nomade » sans lui enlever sa liberté
  • La communication en ligne sera possible de partout utilisant le Wifi, les lignes électriques, les téléphones, les satellites. Le monde entier est alors intégralement connecté
  • Les télévisions hertziennes seront abolies faisant place aux télévisons depuis Internet et les autres supports
  • Nous pourrons créer nos propres programmes média que nous compléterons d’information en direct sur le net
  • Une fois la domotique acceptée, nous pourrons consulter facilement le contenu de notre réfrigérateur depuis le super marché, régler le chauffage de la maison et la température de chaque pièce, démarrer une cuisson, fermer les volets

Nous avançons donc à grands pas dans la mobilité 2.0 et nous pourrons rester connectés quels que soient nos déplacements. Ce nomadisme « latent » engendre donc des questionnements forts sur le futur de l’organisation des taches et des lieux qualifiés de « regroupement » (travail, salles de réunions, écoles, séminaires, etc …).

Ces concepts du « nomadisme 2.0 », utilisés dans une large mesure auprès du grand public, puis dans les entreprises, s’insèrent également de plus en plus dans le monde de la sphère publique. L’apprentissage des différents outils web 2.0 par les internautes (blog, fils rss, réseaux sociaux, richmédia, podcast,…) amène de plus en plus les collectivités locales à prendre en compte ces nouveaux usages dans leur offre web.

Les portails institutionnels ne se contentent plus de fournir des pages statiques qui ont pour seule vocation la présentation dela collectivité. Cessites « vitrines » font place, de plus en plus, à des sites informationnels dont le but est de renseigner le citoyen en lui proposant une certaine dynamique de contenus. De fait, le web entre désormais dans la stratégie des institutions publiques et se décline en 4 composantes:

  • Communication et information : renseigner et informer le citoyen en disposant de contenus “riches” et interactifs
  • Dématérialisation et transaction : améliorer les services rendus
  • Relation citoyens : impliquer le citoyen dans le débat public et à la vie locale en développant des actions d’implications et de participation
  • Définir le futur cadre de travail des agents : les économies d’énergie, la réduction du nombre d’agents publics, la diversité des métiers impliqués par la décentralisation, l’exigence croissante de performance jouent un rôle grandissant dans la nécessité de rendre les données accessibles quel que soit le lieu de travail ou l’instant d’exécution de l’action

Les technologies à surveiller [1]

Les technologies suivantes sont sur le point d’émerger et devraient voir les derniers obstacles à leur prolifération résolus à court terme :

  • Interface utilisateur mobile : l’ergonomie des interfaces mobiles est devenue un sujet important pour l’industrie et il reste beaucoup à faire pour séduire les utilisateurs
  • Géolocalisation permanente : l’accès aux données de positionnement GPS permet de créer des applications contextuelles puissantes et élargit le champ d’action des solutions SIG (métiers techniques, aménagement du territoire).
  • WiFi : le 802.11n apporte débits et portées de natures à concurrencer les réseaux filaires dans les locaux des entreprises. Cette évolution du Wifi est extrêmement importante dans l’amélioration de la mobilité intra établissement (suivi des personnes âgées, synchronisation avec les technologies RFID, accompagnement des tournées médicales HL/CH, moniteurs à connectivité asynchrones/lâche dans la ville)
  • Affichage : la taille et la qualité de l’affichage conditionnent le succès des applications sur les appareils mobiles. Plusieurs technologies vont émerger, dont les pico-projecteurs, pour dépasser ces contraintes et créer de nouveaux usages. Les affichages passifs, comme les écrans e-paper des nouveaux lecteurs d’ebook, vont également modifier la façon d’utiliser les documents et de gérer l’information
  • Haut débit mobile : L’Internet Mobile se conçoit de moins en moins sans un débit mobile suffisant. Le déploiement de la technologie HSPA(High Speed Packet Access) a permis d’en élargir considérablement l’horizon, jusqu’à faire de l’ombre aux hotspots WiFi. La tendance se prolongera avec l’intégration plus fréquente de modules 3G+ dans les ordinateurs portables et netbooks
  • Sécurité et surveillance dynamique : le mobile engendre de nouvelles menaces. En effet si le principe du mur défensif (firewall) autour du réseau de l’entreprise a primé jusqu’à présent, les nouveaux usages imposent une surveillance capable de détecter des comportements et événements anormaux dans le flot de données d’un utilisateur authentifié pour couvrir les usages nomades

La percée des « Smart Objects » [2]

Un « Smart Object » correspond à tout objet qui inclut un identifiant unique capable de tracer des informations sur lui-même. Il existe un grand nombre de technologies pour couvrir ce comportement :

  • Les radios fréquences avec le RFID
  • Les codes à réponse rapide (QR – Quick Response)
  • Les smartcards de tout type

Ce qui rends les « smart objects » intéressant c’est leur capacité et les moyens qu’ils emplois pour se connecter au monde réel. Ceci leur donne un intérêt particuliers pour gérer des « entités » physiques, pour les accompagner dans leurs quotidiens, capturer des informations les concernant (description, instructions, alertes, identifiants).


[1] « Tendances 2010 », Gartner, Octobre 2009

[2] Johnson, L., Levine, A., & Smith, R., «The 2009 Horizon Report », 2009, Austin, Texas: The New Media Consortium

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