Ne sommes-nous pas soumis à un Dictat de l’innovation ?

« Sans innovation une entreprise meurt », sentence sans appel entendue lors d’une table ronde à laquelle je participais et dont la portée m’a interpellé voici quelques semaines. Nous avons l’habitude de prononcer ce type de verdict définitif mais j’avoue que pour la première fois je me suis réellement posé des questions. Est-ce si simple ? Qu’est-ce que l’innovation sur le fond ? Ne subissons nous pas un dictat de l’innovation ? A tout le moins il existe une sensation d’urgence savamment entretenue sur laquelle il me parait souhaitable de longuement réfléchir ! Ce questionnement est d’autant plus perturbant qu’une part conséquente de mon métier consiste depuis +30 ans à analyser, intégrer et porter l’innovation dans et au profit de toutes les entreprises pour lesquelles j’ai travaillé.

Il existe une littérature foisonnante et probablement bien trop abondante autour de l’innovation. Par conséquent il me semble important et utile de revenir sur le sens des mots et ce qu’ils recouvrent avant d’aller challenger des concepts. Le terme innover vient du latin in (dans) et novare (rendre nouveau, renouveler, refaire, restaurer, transformer, changer). Comme nous pouvons le constater le mot innover n’est pas forcément et exclusivement le qualificatif d’un mouvement considéré comme « positif » tendant à systématiquement réaliser des nouveautés. Il est également possible d’innover en reproduisant, refaisant ou restaurant des produits, des processus ou des services en y introduisant une part de nouveauté ce qui constitue une subtilité essentielle de mon point de vue. La vision que nous avons et que nous renvoyons de l’innovation malgré tout se trouve aujourd’hui malheureusement tronquée et se limite bien trop souvent à l’action de transformation ou de création nouvelle éludant par la même occasion une grande partie des innovations qui se produisent autour de nous. Nous n’accordons plus suffisamment de temps à la compréhension de la signification, de la portée et des implications de l’innovation dans bien des domaines, ce qui conduit à des raccourcis et à des orientations absolutistes néfastes pour l’innovation elle-même.

Cette vision de l’innovation, quasi exclusive de nos jours, est porteuse de questionnements profonds que nous avons intérêt, si ce n’est le devoir, d’adresser au risque de se voir contraints à redoubler d’innovation pour traiter des conséquences potentiellement néfastes de l’innovation, un comble ! Par exemple, le smartphone est sans conteste une solution innovante. Il a changé nos vies à tel point que nous avons du mal à imaginer le monde avant l’apparition de l’iPhone 3 en 2007 ! Pourtant, mue par un commandement ultime et non négociable soumettant l’objet smartphone à un mouvement d’innovation quasi permanent, nous aboutissons à des aberrations. En effet, d’une impulsion initiale louable nous sommes passés à une innovation « incantatoire » qui surconsomme les ressources rares de la planète nécessaires à la production des smartphones et de bien d’autres systèmes électroniques qui nous sont devenus indispensables. De la même manière nous en arrivons à ne plus concevoir le monde qu’au travers de ce même smartphone qui s’érige en passage obligatoire en matière d’innovation. Qui n’a pas son application mobile est ringardisé, rangé dans le coin des absurdes rabat-joie sans même se soucier des usages ou de l’utilité de ces applications foisonnantes. Enfin, force est de constater que les « réelles » innovations se font rares et que nous assistons à une surenchère d’améliorations qui n’en sont pas dans la plupart des cas. Par exemple le paramétrage des appareils photographiques des smartphone réglés pour limiter la taille des images alors qu’ils sont dotés de capacités de captures dépassant les 20 millions de pixels, quelle ironie et quel gaspillage !

Schumpeter dès 1912 indiquait que l’innovation recouvrait six grands types de transformations de natures différentes([1]) : le déploiement d’une nouvelle organisation, la fabrication d’une nouvelle solution, la mise en place d’une nouvelle méthode de production, l’emploi de nouveaux moyens de transport, l’ouverture ou l’accès à un nouveau débouché, l’emploi et/ou la découverte d’une nouvelle source de matières premières. C’est une classification tout à fait remarquable mais qui n’a de cesse de promouvoir la nouveauté et donc la marche en avant vers le « progrès ». Schumpeter n’a prévu nulle part de place pour les conséquences de long terme ou la désillusion attachée à certaines innovations lorsqu’elles sont poursuivies sans discernement. De fait c’est extrêmement logique puisque dans le monde Schumpetérien, d’autres innovations viendront traiter des susdites conséquences ! Le travail de Schumpeter est d’autant plus important qu’il a également promue la théorie de la destruction créatrice de l’économie ([2]) qui affirme qu’il existe un processus continuellement à l’œuvre dans l’économie de marché qui voit disparaître des activités au profit de la création de nouvelles activités de remplacement. Encore une illustration de la marche forcée vers le « progrès » obligatoire que soutien théoriquement l’innovation. Comment remettre en question le rôle fondamental de la voiture dans le progrès humain ? Cette révolution totale des modalités de transports de l’humanité à définitivement transformée notre relation au temps et à l’espace et a permis des conquêtes indiscutables dont nous profitons tous. Pourtant cette innovation, ou plutôt invention, a également produit de très nombreux effets indésirables dont nous payons aujourd’hui le prix fort ! Pollution aux microparticules provenant du diesel qualifiée aujourd’hui de mortelle et pourtant massivement soutenu par les pouvoirs publics depuis des décennies, absurdité de l’emploi et de la possession d’un véhicule pesant plus de 1 tonne pour transporter un passager unique pesant en moyenne 85 kilogrammes d’un point A vers un point B, engorgement total des villes qui n’ont pas pu ou pas voulu basculer vers le « tout » transport collectif mais qui sont désormais confrontées à la situation ubuesque des blocages quotidiens de la circulation. Un autre exemple nous est donné dans la remise en question des réseaux sociaux. Qui ose questionner ces derniers se trouve immédiatement qualifié de réactionnaire ou de dinosaure voir d’opposant à la liberté d’expression. C’est pourtant bien aujourd’hui que nous devons affronter les conséquences de ces mêmes réseaux sociaux en matière de harcèlement électronique, de poussée des extrémismes les plus divers et d’influences néfastes sur certaines élections très importantes alors que nous aurions pu anticiper ces dérives ! L’ironie de l’arroseur arrosé serait délectable si tout ceci n’avait des résurgences dans le quotidien de plus en plus marquées et quelquefois dramatiques.

L’innovation s’est donc imposée comme un « devoir » non négociable, un exercice obligatoire et incontournable pour toute entreprise ou activité humaine qui prétend occuper une quelconque position dans le jeu mondial du marché. L’entreprise qui n’innove pas meurt ! Tout est dit et il serait vain de pérorer pour contester en tout ou partie ce dogme, car il s’agit bien d’un dogme, approche fondamentale et considérée comme incontestable d’une théorie, en l’occurrence économique. Ce dogme est par ailleurs renforcé par nos habitudes et notre mode de consommation de toutes ces nouveautés sans réelle introspection sur le besoin ou le gap fonctionnel ou pratique avec ce que nous possédions préalablement. Enfin, comment prendre le temps alors même que tous les médias et les « experts » nous expliquent qu’il existe une urgence « urgente » à innover ?

Paroxysme de cette construction intellectuelle permettant d’illustrer les dérives de ce dogme les startups et tout particulièrement dans les domaines du numérique. Cette forme d’entreprenariat est devenue au fils des années la matérialisation ultime de l’innovation, l’alpha et l’oméga de la créativité, le pilier le plus abouti et presque unique de l’idéation. Le nombre de startup a littéralement explosé et est estimé à environ 10000 en France en 2016 selon l’observatoire MyFrenchStartup([3]). Existe-t-il une légitimité à questionner le fait que les « ondes » soient monopolisées au service de la défense de cette vision quasi unique de l’innovation ? Je réponds par l’affirmative même si nous devons admettre qu’il est difficile d’échapper à cette déferlante, qui tombe à point nommé, de la startup « solution à tout » qui vient masquer les défaillances de nos modèles « classiques » et éprouvés de création de valeur. Fort heureusement certains mouvements de fonds se mettent en place pour venir contrecarrer ce phénomène de mode. Je vous invite à consulter un article de FrenchWeb sur la renaissance des « vrais » startups scientifiques([4]) qui me parait repositionner un peu plus correctement le concept de startup, c’est à dire « une entreprise pionnière, liée à une notion d’exploration qui développe une activité sur un marché nouveau situé hors des frontières habituelles, dont le risque est quasiment impossible à évaluer ». Il est commode d’oublier les origines mais il faut se souvenir que les exploits des startups exploitant par exemple les grands progrès technologiques de la transmission des ondes radios ou de la « houille blanche » datent du début du XXième siècle. Ces entreprises ont constituées leurs activités en s’appuyant sur de véritables révolutions scientifiques. Qu’en est-il de la multiplication des startups aujourd’hui ?

Par ailleurs l’innovation est intimement liée, dans l’inconscient et le conscient collectif, au progrès donc à l’amélioration continue du tout et de ce qui le constitue. Il faut savoir que le mot progrès est hérité d’un terme militaire latin, progressus, qui signifiait avancer, progresser sur le champ de bataille. Le progrès est donc associé à un mouvement de marche en avant et corrobore une idée moderne qui s’oppose à la stabilité, principe qui s’apparente à la stagnation. Comme nous pouvons le constater toutes ces notions ne laissent que peu de place aux doutes, questionnements et autres remises en causes. Qui souhaite réussir n’a d’autres choix que d’ouvrir le champ libre au progrès qui, lui-même, ne peut se contenter de l’immobilise et qui donc se doit d’avancer se condamnant ainsi à une innovation permanente et perpétuelle. Comment ne pas penser au tonneau des Danaïdes([5]) ? Le progrès ne se limite heureusement pas aux dimensions technologiques et mérite une analyse bien plus approfondie et bien loin de cette vision que j’ose qualifier de simpliste. Lisons par exemple un post de Martin Anota sur overblog concernant « les répercussions du progrès technique sur la répartition des revenus »([6]) pour nous convaincre que les forces à l’œuvre sont bien plus complexes que nous ne pouvons le percevoir.

C’est dans ce contexte de course en avant que « l’innovation durable » prend tout son sens et permet de porter un autre regard sur l’innovation. Le terme durable (du latin durabilis – qui est fait de manière à durer) constitue le cœur d’un mouvement né au court des 30 glorieuses : le développement durable. Le concept fait sa première apparition lors de la commission mondiale sur l’environnement et le développement en 1987 dans le rapport Brundtland([7]). Il est défini comme « un développement susceptible de satisfaire les besoins de la génération actuelle sans compromettre la possibilité pour les générations futures de satisfaire les leurs ». Si nous faisons abstraction des théories de décroissance économiques qui accompagnent et vienne brouiller trop souvent ce concept, nous constatons que son fondement repose sur une « consommation » des ressources beaucoup plus raisonnée. L’incongruité vient de l’association de ce concept, qui fait référence à la pérennité et à la longue durée, avec celui de l’innovation qui est perçu aujourd’hui comme éphémère et en transformation continue donc rapide. L’innovation durable se veut donc le mariage du rapide et du lent, le vecteur de la transformation qui dure, le porteur de l’évolution qui mesure « ses pas » ! Plus sérieusement, j’engage tout un chacun à lire le rapport Morand-Manceau « Pour une nouvelle vision de l’innovation »([8]) et à consulter les initiatives de l’institut pour l’innovation et la compétitivité([9]) par exemple. L’innovation durable installe l’idée d’un nouveau business model capable de transformer radicalement les entreprises tout en étant susceptible de les déstabiliser très fortement. En fait il ne s’agit ni plus ni moins que de repenser l’entreprise de fond en comble pour assoir son modèle économique sur de nouveaux fondamentaux. Étonnamment cette approche de l’innovation se traduit par une adaptabilité constante de l’existant loin des « standards » du moment qui prônent le disruptif comme solution absolue et indiscutable ! Nous retrouvons pêle-mêle dans ce mouvement les considérations d’écoconception, de « reverse innovation », d’économie circulaire ou encore d’économie de la fonctionnalité.

Peut-on alors associer de manière équilibrée et profitable la poursuite de l’ouverture aux startups, avec toute la dynamique louable qui l’accompagne, et l’innovation durable qui s’est fixée pour objectif de reconstruire tous les fondamentaux du modèle économique consumériste dans lequel nous vivons en en préservant, là aussi, la dynamique de marché ? Si nous ajoutons à ce duo l’impérative nécessité de réintroduire la recherche dans le dispositif, nous pouvons raisonnablement en conclure que la tâche sera difficile. Associer des temps longs (voire très longs) au temps cours, œuvrer pour retrouver une compétitivité économique rapidement tout en assurant une évolution drastique mais longue des compétences, engager des réformes de tous ordres mais donner la priorité aux impératifs environnementaux ne sont que quelques exemples de ce qui constitue pourtant le challenge que nous devons relever collectivement. Plutôt que de faire des choix contextuels et donc arbitrer en faveur de certains renoncements ne serait-il pas plus judicieux de prendre le temps d’orienter plus efficacement nos énergies et nos ressources ? La prise de recul, l’analyse objective, les études systémiques, la valeur du temps et le bien collectif sont autant de principes qu’il nous faut à nouveau convoquer. Ce qui est incontestable c’est qu’il est bien plus long et difficile d’innover durablement en tenant compte des usages réels des solutions et de l’adhésion la plus large possible.

Il me semble intéressant de conclure par un questionnement sur la transformation de notre société en lien direct avec l’innovation. Il est indéniable que nos sociétés doivent évoluer pour intégrer de nouvelles contraintes économiques, environnementales et sociétales. Si l’identification des besoins de fond est pertinente et semble faire consensus, la question posée est bien celle de la transition, du passage d’une forme de société à une autre. La notion de transformation nous engage à penser le changement dans sa radicalité et à questionner ce qu’il est prioritaire de changer et ce qui permettrait ces changements. La réflexion sur l’objet et la méthode retrouve ici toute sa valeur et nous place devant les conséquences du dictat actuel de l’innovation. Cette nécessité d’évolution et le sentiment d’urgence réelle ou fictive qu’il provoque sont omniprésents et pourtant l’horizon des événements ne bouge pas dans sa globalité, pourquoi ? Taux d’acceptation, usages et éducation font, à mon sens, parti des éléments clés de réponse à cette question redonnant ainsi aux sciences humaines et sociales un rôle central dans la digitalisation de nos sociétés. Une étude récente de Opinionway([10]) pour le compte de Zingularity nous éclaire sur la relation complexe que les français entretiennent avec les technologies numériques en particulier. Sans tomber dans l’anarcho-primitivisme force est de constater que le sentiment à la fois de dépendance et de rejet commence à devenir préoccupant et révèlent la mise en place de nouveaux équilibres qui vont peser sur l’orientation globale des prochaines innovations. Comme l’explique bien Tristan Nitot([11]) la peur grandissante du numérique engendre des blocages sérieux. Je considère pour ma part que nous avons surtout raté une étape essentielle : l’éducation au numérique dans ce qu’elle est capable d’apporter en acculturation, car le numérique est définitivement une culture avec ses langages, ses codes, ses normes. Guy Rocher (un sociologue Québécois) définit la culture comme « un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d’agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d’une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte ». Nier cette dimension au numérique constitue, à mon avis, une erreur à ne pas commettre. Si nous acceptons cette prémisse il est donc absolument nécessaire d’investir dans l’apprentissage des bases pour que tous puisse non seulement en décoder les usages mais également soient en capacité d’en intégrer plus facilement et plus rapidement les conséquences, que tout un chacun puisse librement et en toute indépendance se forger une compétence de tous les jours des outils du numérique. Si la France a besoin de développeurs pour assurer son avenir dans les technologies du numérique, elle a aussi besoin d’une démocratisation et d’une intégration complète et définitive par les individus et l’ensemble des élus. Point n’est besoin de savoir coder en Java ou comprendre les arcanes inextricables de l’intelligence artificielle pour lancer un large éventail d’initiatives d’éducation au numérique. Je me trompe surement, mais la plupart des individus n’ont pas reçus une formation même limitée au fonctionnement du moteur à explosion, pourtant une grande majorité est passé par une auto-école pour apprendre à conduire. Au regard des enjeux et de l’omniprésence grandissante du numérique, est ce qu’il est inconcevable que l’on accompagne cette mutation extrêmement profonde et diversifiée de nos sociétés avec des « écoles de conduite du numérique » ?

Ce dernier point est finalement le challenge de plus haut niveau que nous avons à adresser car il conditionne la réussite de tous nos efforts et les retombées de toutes ces ressources que nous consacrons à l’innovation. Si nous avons pensé à un moment que nous pouvions nous passer de l’éducation nous avons eu tort et j’aime à me rappeler que, au court des 40000 dernières années, l’humain a su accélérer pratiquement tout ce qui concernait son environnement (en bien et en mal). L’un des derniers remparts qui subsiste et qui résiste, sous des formes extrêmement variées, à cette accélération c’est son cerveau et sa capacité à intégrer, assimiler, accepter et in fine exploiter les innovations. J’ose détourner une citation de Rabelais en affirmant que « innovation sans conscience n’est que ruine de la confiance » et malheureusement c’est ce que nous vivons actuellement.

 

[1] Joseph Schumpeter, « Théorie de l’évolution économique », 1911 – traduction française de 1935, http://classiques.uqac.ca/classiques/Schumpeter_joseph/theorie_evolution/theorie_evolution.html

[2] Joseph Schumpeter, « Capitalisme, socialisme et démocratie », 1942, traduction française de 1942, http://classiques.uqac.ca/classiques/Schumpeter_joseph/capitalisme_socialisme_demo/capitalisme.html

[3] http://www.myfrenchstartup.com/fr/startup-france-data-analytics

[4] http://www.frenchweb.fr/la-renaissance-des-start-up-scientifiques-partie-1/269993

[5] https://mythologica.fr/grec/danaide.htm

[6] http://www.blog-illusio.com/2016/07/les-repercussions-du-progres-technique-sur-la-croissance-la-repartition-des-revenus-et-l-emploi.html

[7] http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/sites/odyssee-developpement-durable/files/5/rapport_brundtland.pdf

[8] http://institut-innovation-competitivite.eu/sites/default/files/biblio/rapport_morand_manceau_-_pour_une_nouvelle_vision_de_linnovation_-_escp_europe_2009_0.pdf

[9] http://institut-innovation-competitivite.eu/fr

[10] http://www.opinion-way.com/pdf/opinionway_pour_zengularity_-_les_francais_et_les_technologies_au_quotidien_-_octobre_2016.pdf

[11] http://www.leblogexpectra.fr/gens-se-mefient-de-technologie_13763.html

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